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Les scientifiques et les ingénieurs sont ils aussi capables de frauder?

Rassurez vous, vous n’êtes plus le seul à vouloir briller en société. Les « génies » ne sont pas en reste.

Comme le dit l’adage: “la barbe ne fait pas le philosophe », mais le CV fait-il le scientifique?

Les sciences actuelles sont si complexes qu’il paraît aberrant que l’on puisse s’inventer des compétences scientifiques ou techniques et être en mesure de rester crédible face à un expert. N’y aurait-il donc aucune fraude dans ce milieu sachant que la supercherie se verrait au premier coup d’oeil ?

2 % des scientifiques reconnaissent avoir inventé ou falsifié des données

Pourtant, on voit fleurir des articles « scientifiques » qui annoncent la prochaine grande révolution un peu trop rapidement. Interrogés de manière anonyme, 2 % des scientifiques reconnaissent avoir inventé ou falsifié des données, soit pas moins de 140 000 chercheurs. Nous naviguons donc entre des études « arrangées” voire “frauduleuses” (lire l’article de cette chercheuse en biologie) » pour attirer les lecteurs et des scientifiques présentés comme les nouveaux génies de leurs générations, et ce grâce à des CV plus que dopés…. même les experts du secteur ont du mal à y voir clair.

 

Des résultats enjolivés ou des journalistes qui extrapolent?

Bien qu’il soit difficile de le croire, le milieu scientifique est bel et bien touché par la fraude et les exemples se multiplient.

La presse victime du jeu du buzz

A l’image de cet article: « un ado français remet en cause les théories d’Einstein » du journal Le Point, un raccourci trompeur nous raconte comment un lycéen aurait remis en cause des théories sérieuses alors qu’il n’a fait qu’assister son père pendant les vacances scolaires. Un scientifique digne de ce nom n’aurait jamais fait ce sacrilège avec si peu de données, d’autant plus qu’il n’est pas évident que ses résultats soit justes comme l’explique cet article: « comment être sûr que ce que l’on a découvert est bien réel, et pas simplement un faux positif dû au hasard ?

Pour conserver ses financements il maquille ses résultats!

Les médias ne sont bien sur pas les seuls responsables. Comme l’explique Nicolas Chevassus-au-Louis dans son livre Malscience, de la fraude dans les labos, les chercheurs sont soumis à une forte sélection et doivent publier des résultats (souvent – trop souvent peut être ?) pour conserver leurs financements. Ils se retrouvent à enjoliver leurs résultats d’études, parfois partiellement finies. Il est intéressant de citer le fait que d’après un statisticien américain: 25% des résultats publiés dans la littérature scientifique seraient tout simplement faux. À noter le fait qu’une thèse prend au minimum trois ans, le doctorant est obligé de publier régulièrement  alors que son étude n’est pas terminée.

25% des résultats publiés seraient faux

On en arrive au jeu de celui qui présentera les plus beaux résultats le plus souvent. Car oui les scientifiques, ingénieurs et techniciens maquillent aussi leurs CV. La Prudence est donc de mise.

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Le dopage touche aussi les CV ?

Un cas récent qui a fait couler beaucoup d’encre (article de Libération et article de l’express – entre autres) et fait réagir violemment la communauté scientifique française suite à un article élogieux dans Le Monde (corrigé depuis) ou la une du Point (où il y a d’ailleurs un emploi en tant que journaliste), tant son auteur à un CV hors du commun et une présence médiatique importante. Idriss ABERKANE  à peine trentenaire et un CV déjà très impressionnant :

Le Huffington Post le présente de la sorte: « Né en 1986, professeur chargé de cours à Centrale-Supélec, ancien interne du  l’université de Cambridge, chercheur à Polytechnique, chercheur affilié à Stanford , Professeur d’économie de la connaissance dans le MBA de la Mazars University et Ambassadeur du Campus des Systèmes Complexes Unitwin/Unesco« .

Son CV passé au microscope présente quelques points « étranges »

Malheureusement, l’histoire n’est pas aussi belle qu’elle n’y paraît. Son CV passé au microscope présente quelques points « étranges », crier pour autant au mensonge n’est pas toujours évident car ces informations sont confondues avec des réalités. 

Voici notre tentative de décryptage:

Est-il un professeur chargé de cours à Centrale-Supélec ?

Oui et Non, il intervient réellement dans le Mastère Spécialisé  SDAI de L’emlyon (qui est en partenariat avec Centrale Paris) mais n’y est pas professeur (car cela sous-entend le statut d’enseignant-chercheur).  

Tout dépend donc de la définition que l’on veut bien donner au titre de professeur. Démêler le vrai du faux est finalement beaucoup plus complexe que prévu et n’est surtout pas donné à tout le monde.

A-t-il passé une thèse à l’école Polytechnique?

Non. Être géographiquement sur le même campus mais dans un autre établissement ne vous donne pas le titre de thésard de l’X (polytechnique).

A-t-il obtenu 3 thèses passées en moins de 3 ans ?

Le premier « PhD » a été obtenu auprès d’une institution non agrémentée par l’Etat. Et que dire de sa thèse en littérature validée par un professeur d’informatique? À noter qu’une thèse demande au moins près 3 voir 4 ans pour être validée, cette performance est réellement hors du commun.

Et que dire de sa thèse en littérature validée par un professeur d’informatique

Encore une fois l’exercice n’est pas simple et l’on vient à se demander s’il est possible de ne pas se faire tromper par un CV.

 

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 Qui peut-être sur de la véracité d’un CV

En ce qui concerne le cas d’Idriss un chercheur du CNRS  s’est chargé de vérifier. Et il faut chercher loin car sur sa page personnelle Idriss fournit pléthore de justificatifs de scolarité pour prouver sa bonne foi.

Peut-on être « chercheur invité » à la prestigieuse université de Cambrige alors qu’on est en année de césure entre une L3 et un M1 ? Oui, si on se laisse abuser par la formulation pompeuse.

Il est malheureusement très difficile de lire entre les lignes d’un CV  même pour un expert du domaine. Notre chercheur du CNRS ne s’est pas préoccupé des justificatifs et diplômes. Il est allé voir sur les bases des anciens élèves des différentes écoles. Ainsi, seule la vérification factuelle des éléments en contactant les établissements a apporté une réponse claire.

Conclusion, même un expert ne peut démêler le vrai du faux. Il faut contacter chaque établissement pour tirer une pleine certitude de la véracité des informations présentes dans un CV.

Sachant que seule une personne de l’administration du MS SDAI de l’emlyon aurait pu voir la supercherie sur son titre de professeur, un contrôle de référence complet est votre seule arme pour sécuriser une embauche. Pour cela prenez l’habitude de contacter chaque établissement scolaire, chaque anciens employeurs ou faites appel à des experts comme everycheck.com pour externaliser cette tâche.